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L'AOF - VERS UNE REGLEMENTATION

 

 


 

Vers une règlementation ?

Un peu d’histoire

L’optométrie est un mot français (1874) : " Spécialité de l'opticien qui examine la vue "

(Dictionnaire Petit Robert, édition 1990)
L'optométrie a connu ses premiers développements durant la seconde moitié du XIXème siècle. La profession d'optométriste est née au début du XXème siècle, à New York, à partir d'un groupe d'opticiens qui se réunissaient régulièrement pour développer une formation continue.

Dr Emile JAVAL (ophtalmologiste, 1905) :

« Avant cette époque, quand un consultant leur semblait avoir besoin de lunettes, les oculistes l’envoyaient se pourvoir chez un opticien. Actuellement les oculistes mesurent eux-mêmes, tant bien que mal, les défauts optiques de l’œil, et on en cite, en Amérique, pour qui cette occupation constitue la part principale de leur activité professionnelle...

... En Amérique aussi, nous voyons apparaître une organisation qualifiée de retour en arrière par les oculistes et qui constitue, à mon avis, un progrès considérable : on voit surgir de toutes parts des cours à l’usage des commis opticiens, où on leur enseigne à mesurer la réfraction oculaire et à fournir au public des verres et des montures convenablement adaptées...

...Dans l’intérêt du plus grand nombre, il me paraît désirable de voir arracher le monopole de ce travail minutieux aux médecins qui, nécessairement, font payer le public, en raison de leur position sociale et de leurs études antérieures dont l’utilité est nulle, dans l’espèce...

...La situation changera du tout au tout quand le monde sera doté, par centaines de mille, de modestes praticiens moins avares de leur temps qui, dans les boutiques des opticiens, feront avec soin et pour un prix modéré une besogne infiniment utile. »
Extraits « Physiologie de la lecture et de l’écriture »


Aujourd’hui l’optométrie a acquis ses lettres de noblesse dans le monde entier et est reconnue et réglementée dans la plupart des pays développés.


Le World Council of Optometry (Conseil Mondial de l'Optométrie) relayé par l'European Council of Optometry and Optics (Conseil Européen) a adopté la définition suivante :

« L’optométrie est une profession de santé autonome, formée et réglementée. Les optométristes sont les professionnels de santé de l’œil et du système visuel qui assurent un service oculaire et visuel complet, qui inclut la réfraction et la fourniture des équipements optiques, la détection/diagnostic et le suivi des maladies oculaires et la réhabilitation du système visuel. »

Bien sûr cette définition ne s’applique pas à la lettre dans tous les pays où l’optométrie est règlementée, les champs de compétences diffèrent selon l’organisation des soins et la coopération avec les ophtalmologistes.

 


 

Une nécessité :

Nous savons que les besoins de la population s’annoncent très supérieurs à l’offre de soins proposée pour ces 15 prochaines années, et que la France est très en retard en matière de délégation comparée aux autres pays européens.

La filière optique en bref

Dans le même temps, il existe une population d’opticiens qui s’est formée à un haut niveau dans le but d’orienter sa pratique vers l’aspect santé de la profession. Si les optométristes ne représentent pas une solution à eux seuls, la filière de soins visuels a besoin de leurs compétences.

Une solution d'amélioration de l'accès aux soins, déjà mise en œuvre dans de nombreux pays européens, consisterait à confier certains actes, tels que la prescription de lunettes correctrices ou de lentilles de contact, à des opticiens-lunetiers spécialement formés à la réalisation de ces actes : les optométristes. Les médecins spécialistes que sont les ophtalmologistes conserveraient la réalisation des actes de soins des affections de l'œil, plutôt que de consacrer beaucoup de temps à de simples corrections visuelles.

Les optométristes disposent des connaissances et compétences nécessaires pour assurer les soins basiques des yeux, ce qui inclut les examens de l’acuité, la prescription d’optique médicale et le dépistage de certaines pathologies courantes.



Les formations étant délivrées par l’état français, et délivrées à des professionnels en exercice, il n’est pas acceptable que des centaines de jeunes diplômés soient voués à l’expatriation ou à des subterfuges variés permettant leur exercice sous des montages divers.

Ils sont actuellement plusieurs milliers, prêts à exercer, avec des compétences sous exploitées. Les capacités de formation des différents centres pourraient rapidement augmenter une fois les contraintes légales levées. Il s'agit donc de libérer un potentiel existant.

Contrairement aux orthoptistes, leurs formations sont quasiment exclusivement supportées financièrement par le secteur de l’optique lunetterie, et non par l’Etat.

La priorité actuelle des optométristes est de valoriser leur formation et de s’intégrer dans la filière :

 

sondage adherents aof 2015

 

 

 


 

Impact général

Le nombre d'actes d'ophtalmologie réalisés en 2010 s'élève à 14.459.000 (26,6% des actes techniques CCAM hors imagerie par spécialité). Sur une base de consultation en ophtalmologie de 45€ en moyenne, dont 17 € en moyenne sont pris en charge par l'assurance-maladie, le reste à charge pour les assurés ou les organismes complémentaires s'élève à 28 €, soit plus de 400 millions d'euros.

D’après leur formation actuelle, les optométristes ont les compétences pour effectuer de nombreux actes parmi les 50 les plus fréquents en ophtalmologie. (Pour rappel : en 2011, les 10 premiers représentent 88,5% des actes en cabinet libéral)

Ces simulations sont compatibles avec ce qui se passe chez nos voisins, où 73% des prescriptions de lunettes sont réalisés par des optométristes en Allemagne, et 100% en Angleterre.

Le corolaire de ce transfert d’actes serait l’économie réalisée par la Sécurité Sociale. Selon le nombre d’actes transférés aux optométristes, entre 14 et 35 parmi les plus courants, l’économie réalisée serait de 700 millions d’euros à 1 milliard d’Euros sur les 5 prochaines années.

Ces économies substantielles contribueraient à redonner du pouvoir d’achat aux Français sans aucun coût pour la collectivité.

Il faut également rappeler que les formations des optométristes sont autofinancées, contrairement à celle des ophtalmologistes et des orthoptistes.

La reconnaissance de l’Optométrie est la solution à effet multiple :

- Diminution des délais en ophtalmologie.

- Diminution du renoncement aux soins oculaires avec un professionnel de première ligne de proximité.

- Diminution du coût pour la Sécurité Sociale.

- Augmentation du pouvoir d’achat par l’éviction du secteur 2.

 


 

Qu’en pense la population française ?

Pour améliorer la santé visuelle, la confiance des Français s’exprime principalement envers les professionnels de santé, et en premier lieu les ophtalmologiste (83%), avant les opticiens (64%) puis les orthoptistes (62%).

L’ophtalmologiste apparaît comme le référent et le pivot de la santé visuelle. Il est évident que l’ophtalmologiste doit rester le pivot de la santé oculaire, mais il doit aussi se recentrer sur l’aspect médical. Pour optimiser son temps médical, il devient indispensable de déléguer une partie de son champ de compétences.

L’étude Harris interactive 2015 a interrogé les souhaits des français concernant les évolutions possibles de la filière.

La moitié des français préfèrent attendre moins longtemps mais être pris en charge dans un délai de quelques jours par un professionnel paramédical, plutôt que d’attendre pour voir un ophtalmologiste. Evidemment la réponse à cette question est liée directement au délai pour avoir un rendez-vous avec un ophtalmologiste, et ceux-ci ne sont pas prêt de s’arranger. Cette question n’a même pas lieu d’être dans les déserts médicaux en formation où les ophtalmologistes sont tout simplement inaccessibles.

etude harris 2015 aof

Les français se montrent très largement favorables à une formation plus poussée des opticiens pour qu’ils aient davantage de compétences :

etude harris 2015 2 aof

Les Français s’affichent en majorité ouverts aux délégations de tâches, surtout si les professionnels partagent un même cabinet :

etude harris 2015 3 aof

Concernant le travail aidé en cabinet, nous savons qu’il n’y aura pas assez d’orthoptistes pour répondre aux besoins des ophtalmologistes. Les optométristes sont aujourd’hui les professionnels les mieux formés pour assister les ophtalmologistes, et ils sont déjà intégrés dans les cabinets. Il n’est pas acceptable qu’ils exercent actuellement dans un vide juridique, et par conséquent, dans une situation qui ne garantit pas des conditions sereines et sécuritaires de travail.

 


 

Qu’en pensent les ophtalmologistes ?

Les syndicats d’ophtalmologistes se sont jusqu’à présent opposés à la reconnaissance légale des optométristes.

Le SNOF met en avant deux éléments :


- La formation présente des insuffisances en matière d’expertise médicale.
Peu après la mise en place du master en optométrie, il a été imposé la réalisation d’un stage clinique de 6 mois dans un hôpital parisien. Le diplôme universitaire de dépistage en santé oculaire, qui constitue une partie du diplôme de master, était alors co-délivré par la Faculté des Sciences et la Faculté de Médecine.
Les stages en hôpitaux ont été supprimés sous la pression du SNOF, ces mêmes ophtalmologistes qui reprochent le manque d’expérience clinique aux optométristes.
Dans l’optique d’une reconnaissance légale de la profession, cette critique suppose d’imposer de nouveau un stage clinique au cours de la formation, qu’il soit d’une durée significative, et de demander aux optométristes actuels de justifier d’une expérience clinique suffisante.


- Permettre à un même professionnel de prescrire et de vendre des équipements d’optique conduit à un conflit d’intérêt préjudiciable aux patients et à leurs assureurs. Pour des optométristes qui seraient légalement reconnus par le Code de la Santé Publique, cette critique fondamentale justifierait une séparation stricte entre leurs activités de prescription et les activités de vente.
L’Association des Optométristes de France a étudié les différentes possibilités de séparation de prescription et de vente, et a tendu la main aux ophtalmologistes pour négocier un accord. Actuellement le SNOF reste sourd aux mains tendues.


Pour synthétiser, le SNOF reproche un manque d’expertise médicale aux optométristes, mais fait tout pour leur empêcher l’accès à l’expérience clinique. Ils souhaitent une séparation stricte entre prescription et vente, mais lorsque les optométristes acceptent, ils refusent d’en négocier les termes.


Selon le SNOF, les sondages réalisés auprès de ses adhérents en 2002 et 2016 sont défavorables à la présence d’opticiens ou d’optométristes dans les cabinets : 51% des ophtalmologistes y seraient actuellement opposés.

Ces résultats semblent tout à fait honorables, au vu des campagnes de diabolisation menées par le SNOF à l’encontre des optométristes.

En effet, le SNOF à l’habitude d’inciter ses adhérents et les orthoptistes à rejeter systématiquement l’optométrie au sens large, que ce soit lors de meetings ou d’appels à des actions politiques, lorsqu’un ophtalmologiste souhaite employer un optométriste, ou lors de campagnes de désinformation destinées à leurs patients.

Pour revenir sur ce chiffre, cela signifie aussi que près de la moitié des ophtalmologistes sont favorables à une coopération avec les opticiens-optométristes. Les optométristes étant de plus en plus présents en milieu médical, nous sommes persuadés que ces chiffres seront amenés à évoluer favorablement.

Si une moitié des ophtalmologistes souhaitent travailler avec des opticiens-optométristes, et que nombre d’optométristes souhaitent s’orienter exclusivement vers l’aspect médical, le SNOF n’envisage pas pour autant de régulariser leur situation. Plusieurs pistes sont à l’étude, comme former des infirmières voire des secrétaires à les seconder. Ces pistes de réflexion peuvent paraître ridicules, alors qu’il existe déjà des professionnels extrêmement qualifiés à disposition.

Ainsi, nous jugeons urgent la nécessité de régulariser le travail des optométristes en cabinet.


Les Ophtalmologistes sont-ils manipulés :

Nous mettons en avant le fait que les compétences des optométristes sont mal connues, et que les optométristes sont victimes d’actes de désinformation.

L’enquête 2015 menée par Galliléo Business Consulting en est une parfaite illustration :

etude gallileo business aof

En résumé :

Un ophtalmologiste préfèrera déléguer l’adaptation des lentilles de contact à un opticien qui n’a presque jamais touché de lentilles dans sa formation plutôt qu’a un opticien qui a suivi plusieurs centaines d’heures de formation en contactologie : un optométriste.

Un ophtalmologiste préfèrera déléguer la réfraction à un opticien qui dispose de compétences basiques plutôt qu’à un opticien formé à l’examen des cas les plus complexes : un optométriste.

Un ophtalmologiste préfèrera orienter un patient basse vision vers un opticien qui n’a aucune formation dans ce domaine plutôt qu’à un opticien formé : un optométriste.


 


 

Un frein historique : le cumul prescripteur/vendeur.

L’Association des Optométristes de France a étudié les différentes possibilités de séparation ou non de la prescription et de la vente. Pour autant même en acceptant une séparation stricte, cela ne semble pas faciliter l’avancée d’une règlementation.

La priorité pour les optométristes est aujourd’hui de pratiquer à la hauteur de leur formation. S’ils doivent choisir entre prendre en charge les besoins visuels de la population, et vendre des équipements optiques, une majorité choisit de s’orienter vers l’aspect médical. C’est d’ailleurs le choix qu’ils ont fait en suivant ces formations. S’ils voulaient vendre des équipements optiques, le BTS suffisait, et s’ils voulaient monter un business, ils auraient choisi une école de commerce et non un master en biologie et santé.

Si le cumul prescripteur vendeur ne pose pas de problème dans de nombreux pays, il semble qu’en France il y ait une barrière idéologique : permettre à un même professionnel de prescrire et de vendre des équipements d’optique conduirait à un conflit d’intérêts préjudiciable aux clients et à leurs assureurs.

Cependant nous pouvons trouver en France de nombreux exemples de cumul de prescription et de vente :

- Les opticiens et donc les optométristes peuvent actuellement renouveler les ordonnances pendant une durée de 3 ans à 5 ans, ils sont donc déjà prescripteurs et vendeurs.
- Les ophtalmologistes vendent des chirurgies réfractives, qui peuvent être considérées comme des opérations esthétiques, ils cumulent donc prescription et vente.
- Un pharmacien prescrit oralement un traitement pour les affections bénignes, et vend donc ce traitement.
- Le chirurgien-dentiste prescrit l’appareil dentaire qu’il vend à son patient.


Les optométristes ont défendu des années le cumul prescription vente, pour une raison simple : en réalisant l’examen de la vision d’un client et en tant que spécialiste des équipements optiques, ils sont les plus à même de définir l’équipement le plus performant pour lui. En cas d’inconfort, ils évitent ainsi des allers-retours fastidieux pour le client entre un prescripteur qui accusera le fournisseur d’avoir mal réalisé son équipement et un fournisseur qui accusera le prescripteur d’avoir mal défini la compensation, comme nous pouvons le voir actuellement entre opticiens et ophtalmologistes.


L'équipement optique fourni par l'opticien - optométriste, après son examen visuel, porte donc la garantie de son efficacité. C'est l'engagement auquel le professionnel est tenu. C'est l'assurance pour le consommateur, comme pour l'assurance santé du meilleur résultat.

Néanmoins un prescripteur qui serait l’unique vendeur possible pourrait effectivement être préjudiciable pour les clients, il y aurait un risque de vente forcée. Cependant c’est peu probable car tout opticien a intérêt à fidéliser sa clientèle. Proposer une vente « one-shot » qui n’apporte rien au client présente le risque de le perdre. De plus l’ensemble des opticiens disposent de garanties d’adaptation et de satisfaction, il n’y a donc aucun intérêt à proposer un équipement qui n’apporterait aucun bénéfice.

La priorité des optométristes étant de pratiquer à hauteur de leurs compétences en santé visuelle, plusieurs modèles de séparation entre prescription et vente sont envisageables :

- Une séparation stricte des locaux de l’opticien et de l’optométriste : les optométristes exerceraient uniquement en milieu médical ou libéral.
- Une séparation entre prescription et vente dans les magasins d’optique : par la création d’un Code Ethique des optométristes comme on peut le trouver dans le modèle néerlandais créant une barrière entre la fonction « médicale » et la fonction « commerciale ». Il impose notamment aux optométristes de fournir une ordonnance à leurs clients afin que ceux-ci puissent acheter leurs produits ailleurs. Les prestations de l’optométriste et celles des équipements optiques est séparé. De plus, le Code interdit aux optométristes de vendre des produits à des clients envoyés par des opticiens ou d’autres optométristes pour être examinés.


L’exercice des optométristes en magasin avec les opticiens présente un immense avantage : les opticiens sont les professionnels de la filière de proximité, ils sont les plus accessibles. Tous les actes qui pourraient être délégués en magasin participeront à une simplification du parcours de soin des patients.

 


 

Et l’expérience clinique ?

Actuellement la formation des optométristes présente des insuffisances en matière d’expertise médicale. Les stages sont trop courts et ils ne sont pas toujours réalisés en milieu médical.

Peu après la mise en place du Master en Optométrie, il a été imposé la réalisation d’un stage clinique de 6 mois dans un hôpital parisien. Le diplôme universitaire de Dépistage en Santé Oculaire, qui constitue une partie du diplôme de Master, était alors co-délivré par la faculté de sciences et la faculté de médecine.

L’enseignement de l’Université Paris-Sud était donc sous la responsabilité de l’U.F.R. de Sciences d’Orsay en collaboration étroite avec l’U.F.R. de Médecine de Kremlin Bicêtre pour la partie dépistage en santé oculaire. A partir de 1997 sont introduits des stages cliniques hospitaliers.

Ces stages, et la collaboration avec l’U.F.R. de médecine de Kremlin Bicêtre ont été supprimés sous la pression du SNOF, le syndicat d’ophtalmologistes qui reproche aujourd’hui le manque de pratique clinique aux optométristes.

Pour autant, de nombreux optométristes réalisent des stages bien plus longs que ceux demandés actuellement. Ils pratiquent parfois plusieurs semestres en collaboration avec des ophtalmologistes. Un nombre croissant d’optométristes exerçant en cabinet d’ophtalmologie ou en hôpital peut désormais justifier d’une expérience clinique suffisante. Ce sont autant de lieux d’accueil possibles pour des stages en optométrie clinique.

Le succès des réformes menées en Allemagne, aux Pays-Bas, ou au Royaume-Uni tient en grande partie à la formation initiale des optométristes et des opticiens spécialisés. Cette formation est souvent plus longue qu’en France pour les opticiens et impose une pratique clinique pour les optométristes.


En effet, dans ces trois pays étudiés, la formation de l’optométriste impose au moins six mois de résidence dans un centre d’ophtalmologie, la plupart du temps en hôpital.

Plusieurs études, conduites par des médecins et des ophtalmologistes, ont testé la compétence des optométristes. Les résultats concluent toujours à l’adéquation de leurs qualifications avec les missions de consultation et de diagnostics basiques des maladies oculaires.


Globalement, ces études observent que la formation initiale de l’optométriste est déterminante, bien plus que les formations complémentaires effectuées en cours de carrière.


Dans l’optique d’une reconnaissance légale de la profession, il est nécessaire de restaurer le stage clinique d’une durée minimum de 6 mois en centre ophtalmologique ou hôpital. Les optométristes actuels doivent justifier d’une expérience clinique suffisante.

 


 

Une montée en force politique :

La reconnaissance de l’Optométrie en France a donné lieu à de nombreux débats politiques, avec une montée en force des propositions de règlementation depuis 2009 :

  • 1974
  • - Création du Syndicat National des Opticiens Optométristes de France

  • 1978
  • - 1er Congrès d'Optométrie en France

  • 1980
  • - Participation à la mise en place de l'enseignement universitaire en l'optométrie avec une licence LOPO, Licence en Optique Physiologique et Optometrie

  • 1990
  • - Participation à l'évolution de l'enseignement universitaire de l'optométrie avec une maîtrise, MST en Optometrie

  • 1992
  • - le SNOOF devient AOF

  • 1992
  • - Membre fondateur de l’European Council of Optometry and Optics (E.C.O.O.)

  • 1995
  • - Arrêt de la cour d'appel de Toulouse, reconnaissant le droit pour les opticiens qualifiés en optométrie de préconiser des exercices d'entraînement visuel qui ne constituent pas d’exercice de l’orthoptie, et légitimant la régularité de l’examen visuel du fait de la formation universitaire des optométristes

  • 1996
  • - Arrêt de la cour de cassation confirmant l'arrêt de la cour d'appel de Toulouse

  • 1996
  • - Participation à l'évolution de l'enseignement universitaire de l'optométrie avec la création des Diplômes Universitaires (DU) de Contactologie, puis d'Optométrie, de Dépistage en Santé oculaire, de Sciences de la vision et d'Optométrie avancée

  • 1998
  • - Participation à l'organisation de la première session du Diplôme Européen d'Optométrie

  • 1998
  • - Participation au groupe de travail du Conseil National de la Consommation sur l'optique de contact

  • 2001
  • - Le 28 juin 2001, l'AOF, avec le soutien de 17 partenaires industriels, adresse un mailing national aux opticiens français. 7 900 points de vente sont ainsi contactés. 594 réponses parviennent à l’AOF : L'examen de vue est considéré comme faisant partie du champ d'activité de l'opticien (97% des réponses). L'adaptation des lentilles de contact (94%). La prise en charge de la basse vision (près de 80%).
    85% des opticiens français sont attachés à l'indépendance de leur profession.
    Les trois quarts des opticiens (74,6%) pensent que leur profession doit évoluer vers l'optométrie.

  • 2001
  • - La Direction Générale de la Santé, (rapport de juin 2001) :« des solutions palliatives au manque de médecins sont suggérées... Transfert surtout entre médecins et paramédicaux : Ophtalmologistes et optométristes »

  • 2003
  • - Le rapport du Pr. Domergue et du Pr. Giudicelli, (La chirurgie française en 2003 : les raisons de la crise et les propositions) : « Parmi les pistes de travail pour augmenter le temps chirurgical des ophtalmologistes, il y a la validation et la reconnaissance des optométristes pour assurer la prise en charge des troubles de la réfraction. »

  • 2003
  • - Répondant à l'appel de l'AOF, plus de 4000 opticiens demandent au Ministère de la Santé de rejeter la préconisation du professeur Berland, et de prendre en compte les capacités de leur profession à faire face aux besoins visuels de la population.

  • 2006-2007
  • : La possibilité de renouveler une prescription médicale de lunettes correctrices de moins de 3 ans, pour la prise en charge par la Sécurité Sociale d'un nouvel équipement, est introduite par la loi, fin 2006. Les décrets d'application prévoient initialement, avec l'aval de deux syndicats d'opticiens, l'interdiction de l'adaptation des lentilles de contact par les opticiens et de l'utilisation de la lampe à fente et du tonomètre. L'AOF, avec ses partenaires et l'appui d'une pétition nationale, obtient l'abandon de ces projets. De facto, l'utilisation de la lampe à fente n’est plus remise en question.

  • 2009
  • - M. Elie Aboud (député UMP, 2009) : proposition de loi relative à la reconnaissance de l'optométrie en France.
    L’AOF participe directement à l’écriture de la PPL.

    www.acuite.fr

  • 2010
  • - Mme Jacqueline Panis (sénatrice PS, 2010) : proposition de loi relative à la reconnaissance de l'optométrie en France.
    L’AOF participe directement à l’écriture de la PPL.

    www.senat.fr

  • 2014
  • - L’Association des Optométristes de France devient membre du World Council of Optometry (W.C.O.)

    logo world council

  • 2014
  • - M. Gérard Bapt (député PS, 2014) : étudie la possibilité d’une proposition de loi pour la reconnaissance de l'optométrie en France, celle-ci ne verra finalement pas le jour. L’AOF est consultée à plusieurs reprises pour l’écriture de cette PPL.

  • 2014
  • - M. Ronan Kerdraon (sénateur PS, 2014) : proposition de loi relative à la création d’un master commun orthoptiste-optométriste.
    L’AOF est consultée pour l’écriture de cette PPL.

    www.senat.fr

  • 2014
  • - Sollicitation de nos adhérents pour démultiplier le poids de notre message, 46 questions sont posées par les députés au sujet d’une reconnaissance de l’optométrie en France. L’AOF oriente et assiste les adhérents dans ces démarches.

  • 2014
  • - Rapport du député Richard Ferrand (2014), commandé par le Ministère de l’Economie préconise une reconnaissance de l’optométrie.
    L’AOF est consultée et participe à l’écriture du rapport.

    www.economie.gouv.fr

  • 2014
  • - M. Emmanuel Macron (Ministre de l’Economie et des Finances, 2014) : le Pré-projet de loi Macron préconise une reconnaissance pleine et entière de l’optométrie en France.
    L ’AOF a obtenu que le ministère de l’Économie et des Finances rédige un pré-projet de loi incluant l’optométrie dans le texte dit Montebourg, puis Macron. L’AOF est consultée et participe à l’écriture du pré-projet de loi. Suite à une forte pression du SNOF, un arbitrage a été réalisé par le cabinet du Premier Ministre pour retirer toute réforme concernant la santé dans ce projet de loi.

    www.acuite.fr

  • 2015
  • - Rapport de la mission IGAS, rédigé par Mme Dominique Voynet, commandé par le Ministère de la Santé concluait au sujet des optométristes que les intégrer dans la filière : « est juste, car il n’est pas acceptable que des centaines de jeunes formés soient voués à l’expatriation ou à des subterfuges variés permettant leur exercice sous des montages divers. » et « est nécessaire car la filière de soins visuels a besoin de leurs compétences, le cas échéant en complétant leur formation clinique. »
    L’AOF a été reçue à deux reprises dans les locaux de l’IGAS et nous avons eu plusieurs échanges téléphoniques et écrits afin de porter la solution de l’optométrie. Néanmoins nous jugeons les conclusions concernant l’optométrie décevantes et celles-ci ne donnent pas lieu à des recommandations immédiates.

    www.opticien-presse.fr

  • 2015
  • - Loi Santé 2015 portée par Marisol Touraine : de nombreux amendements sont défendus pour une reconnaissance de l’optométrie, notamment par M. Cadic et M. Tourenne. L’AOF participe directement à l’écriture des amendements.

    Une vidéo pour illustrer l'impact de nos rencontres et actions politiques lors des débats au Sénat :

    www.youtube.com

    - Rapport Astere, le Cabinet d’Analyses Economiques et de Conseils réalise un état des lieux de la filière commandé par la Mutualité Française. Ce rapport est largement favorable à une reconnaissance de l’optométrie en France, et étudie la situation de l’optométrie chez nos voisins européens.
    L’AOF est consultée et participe à l’écriture du rapport.


    www.acuite.fr

  • 2015
  • - L’AOF participe aux « Etats Généraux de la santé visuelle » organisé par La Mutualité Française

    Retrouvez les interventions de Yannick Dyant, Président de l’Association des Optométristes de France, à travers 3 vidéos :
    - Le cumul prescription-vente

    www.youtube.com

    - Le cadre légal va exploser - Yannick Dyant interroge le SNOF

    www.youtube.com

    - Vers une formation plus médicale ?

    www.youtube.com


 

Vers des formations communes optométriste-orthoptiste ?

L’idée d’une formation commune de niveau master optométriste-orthoptiste pourrait être séduisante, et régler bien des tensions entre les professions.
L’Association des Optométristes de France souhaite développer les échanges entre ces deux professions.
Actuellement les formations en optométrie sont ouvertes aux orthoptistes, néanmoins leur accès n’est pas facilité, un nombre faible d’entre eux ont suivi ces formations.
A l’inverse quelques optométristes, souhaitant compléter leurs connaissances, et en recherche d’un statut règlementé qui garantisse une sécurité de l’emploi, ont suivi des formations en orthoptie.

Nous regrettons qu’il n’existe pas de passerelle entre ces deux professions. La majorité des optométristes passent par la formation continue, en finançant eux-mêmes leurs études. Sept années post baccalauréat après lesquelles il est impensable de préparer un concours de niveau bac, et se lancer dans une formation de 3 ans n’offrant aucun revenu financier, alors que la plupart du temps ils sont dans la vie active depuis 7 années, et ont souvent une vie de famille et des emprunts.

Pour l’Association des Optométristes de France l’idée d’un master commun n’est envisageable qu’à condition de prendre le meilleur de chaque formation, et qu’aucune de celle-ci ne soit lésée par ce rapprochement. Le Master actuel d’Orsay pourrait servir de base de travail pour une formation commune.

S’il parait judicieux qu’une partie de la formation soit délivrée par les facultés de médecines, avec des interventions d’ophtalmologistes et d’orthoptistes, il est primordial de conserver une partie du diplôme en faculté des sciences, afin de sauvegarder toutes les richesses du savoir-faire spécifique aux optométristes.

 

 

 

 

 

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