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L'OPTOMETRIE - CONTROLE DE LA MYOPIE

 

Peut-on freiner la progression de la myopie ?

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît qu’une forte myopie, au-delà de – 8 dioptries, peut être une cause de cécité. Dès - 5 à - 6 dioptries, les myopies entraînent des risques de pathologies oculaires.

Aujourd’hui, en France, le nombre de myopes est estimé à 40% de la population. Dans certaines parties du globe, comme à Taïwan, Singapour ou encore Hongkong, les chiffres sont dramatiques.
A Taiwan 75% de la population serait aujourd'hui concernée, alors qu'ils n'étaient que 25% il y a quelques décennies. En Asie, on parle « d’épidémie ». L’augmentation du nombre de myopes dans le monde est telle, que le contrôle du développement myopique est passé dans l’intérêt de santé publique.

Si la génétique peut être une cause de dégradation myopique, la surutilisation des écrans et le peu de temps passé en extérieur sont les nouveaux facteurs en jeu. Comment freiner cette progression ?

 

Certains facteurs de risques, tels que la génétique, ne sont pas contrôlables. D’autres, comme l’environnement, pourraient expliquer l’augmentation de la fréquence de ce défaut.
Ainsi, tant les facteurs génétiques qu’environnementaux jouent des rôles importants dans l’évolution de la réfraction. Il semblerait que le facteur environnemental prépondérant soit l’utilisation excessive de la vision de près sous éclairage artificiel, et par conséquent un manque de lumière naturelle.

 


 

Une situation inquiétante

 

Il n’est pas rare de rencontrer de très jeunes enfants myopes qui passent de - 1 à - 2 dioptries en un an. Ceci peut sembler banal, mais si rien n’est fait, ils se retrouveront rapidement à - 6 ou - 8.
Aujourd'hui, on constate des myopies bien installées chez des enfants de 8 ou 9 ans, contre 12 ou 13 ans auparavant. Plus la myopie commence tôt, plus elle évolue rapidement et longtemps. La myopie n’est pas grave en soit, mais au-delà de - 5 ou - 6 dioptries, cela peut devenir grave.
En moyenne, chez des sujets prédisposés, la myopie évolue de -0,5 dioptrie par an jusqu'à la fin de la croissance. Quand la progression de la myopie dépasse - 0,25/-0.50 dioptrie par an, il faut intervenir.
En Amérique du Nord, la proportion d'adultes myopes a doublé lors des 20 dernières années, passant de 20 % à 40 %. Face à cette épidémie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) encourage les pays à se doter de stratégies pour éviter les fortes myopies.

 


 

À Taiwan et à Singapour, certaines parties de la population sont quasi aveugles. La situation peut-elle devenir aussi inquiétante en France ?

 

Si on ne fait rien, oui. Il faut savoir qu'on ne peut pas empêcher la progression de la myopie, mais on peut la ralentir. Il faut cibler les enfants, car c'est auprès d'eux que l'on peut agir.

 


 

Pourquoi assiste-t-on a une telle épidémie de myopie ?

 

Les causes sont multiples. Une faible proportion de myopies est d’ordre génétique. L'environnement joue beaucoup, le stress et les émotions peuvent influer. Nos comportements ont changé. Autrefois, les yeux des enfants n’étaient sollicités que quelques heures à l'école. Le reste du temps, ils jouaient dehors. De nos jours, dès le réveil, à la maison comme en classe, ils utilisent des écrans ou des tablettes, et ce, dans des conditions pas toujours idéales.
Le système visuel n'a jamais le temps de relaxer, il est sollicité tout au long de la journée.

 


 

Comment le fait de jouer dehors peut-il aider la vision ?

 

En extérieur, le système visuel n'est sollicité que par des objets éloignés, c'est relaxant pour l'œil. Des études ont démontré que les activités extérieures permettent de réduire la progression de la myopie de 30 à 40 %. Les enfants devraient passer 90 minutes par jour dehors.

 


 

L’impact des nouvelles technologies sur le système visuel

 

L’œil humain est conçu pour la vision de loin en non pour le travail de bureau et la sédentarité. L’évolution de nos sociétés entraîne une sollicitation hors du commun du système visuel, qui peine à fournir autant d’effort que nécessaire. L’utilisation excessive de supports numériques et le changement rapide de fixation à des distances variées dans un temps très court n’est pas naturel pour l’œil. Ainsi, le passage de l’écran d’ordinateur à la fixation au loin peut s’avérer fatigante et peu efficace. Il faudra certainement plusieurs générations pour acquérir une adaptation à ce changement de mode de fonctionnement.

 


 

La façon de compenser la myopie doit-elle changer ?

 

On s'est aperçu que la façon classique de compenser la myopie n'est pas forcément la meilleure. Les optométristes français travaillent depuis maintenant plusieurs décennies sur la question, et proposent des alternatives à la prise en charge classique par lunettes. Néanmoins il y a actuellement un regain d’intérêt des ophtalmologistes pour la prise en charge de la myopie, et certains commencent à être sensibilisés à la question.
Lorsqu'un enfant myope porte des lunettes ou des lentilles de contact traditionnelles, l'image perçue est claire au centre de la rétine. L'œil étant sphérique un « défocus » peut se créer en périphérie de la rétine, ce qui stimule l'œil à s'allonger, et fait augmenter la myopie. En influençant la périphérie de la rétine avec d'autres types de compensations, on parvient maintenant à ralentir la myopie de 30 à 50 %. On obtient de meilleurs résultats avec les lentilles de contact qu'avec des lunettes.



 

Est-il facile pour les enfants de porter des lentilles de contact ?

Oui, des études ont démontré que dès l'âge de 8 ans, il est sécuritaire d'en porter. Cela implique une supervision des parents et dépend de la maturité de l’enfant.

 

 


 

La chirurgie laser pourrait-elle être une solution ?

 

Non, car pour procéder à une chirurgie laser, il faut que la vision soit stabilisée. La myopie peut progresser jusqu'à la fin de la croissance, voire au delà. Il faut également être majeur pour pouvoir prétendre à une chirurgie laser de la myopie en France.

 


 

En pratique, qu’elles sont les solutions pour tenter de ralentir la myopie ?

 

Les enfants devraient passer 90 minutes par jour dehors, limiter l’utilisation des écrans : ordinateur, smartphone et tablettes, et retarder l’âge de la première utilisation de ceux-ci.

Voir « la règle des 3-6-9-12 » pour lacher les écrans.


 

Les conseils en ergonomie :

Votre optométriste pourra vous donner des conseils en ergonomie pour un meilleur confort visuel. Le contrôle de la myopie passe aussi par de nouvelles habitudes posturales, des distances de travail à respecter et par un éclairage adapté.


 

L’orthokératologie :

L’orthokératologie, ou les lentilles de nuit, est sans doute, à ce jour, la méthode de correction et de ralentissement de la progression myopique la plus efficace et la plus pertinente. Plusieurs études ont montré un ralentissement de la progression qui varie de 32 % à 100 % sur une période variant entre 12 et 60 mois.

Le rôle optique principal attribué à l’orthokératologie serait de diminuer l’hypermétropie relative périphérique, soit la défocalisation périphérique induite par les verres ou les lentilles de contact simple vision. Les récentes études ont prouvé que c’est la modification de cette réfraction périphérique vers la myopie qui serait le mécanisme principal de contrôle de la progression de la myopie.

Il a souvent été démontré que cette hypermétropie relative périphérique était présente chez les individus myopes, mais pas chez les emmétropes et les hypermétropes qui montrent, au contraire, une défocalisation myopique périphérique.

Il semble que les enfants qui deviennent myopes, lorsque comparés à des emmétropes du même âge, montrent une plus grande hypermétropie relative périphérique jusqu’à 2 ans avant l’apparition de la myopie et elle se maintient durant plusieurs années (près de 5 ans). C’est la raison pour laquelle les scientifiques pensent que la défocalisation hypermétropique a aussi un rôle dans l’allongement de la longueur axiale de l’œil.


Voir notre dossier sur l’orthokératologie


 

Les lentilles souples multifocales :

Lorsque les lentilles de nuit ne sont pas possibles, pour diverses raisons, votre optométriste pourra vous orienter vers des lentilles souples multifocales. Les lentilles sont adaptées avec des géométries particulières qui reproduisent la défocalisation périphérique obtenu avec les lentilles d’orthokératologie.

L’orthokératologie n’est pas pratiquée par beaucoup d’ophtalmologiste et ils refusent parfois de proposer ces lentilles en collaboration avec un optométriste. De plus les coûts peuvent constituer un obstacle pour les parents. Le fait d’utiliser les lentilles de contact souples multifocales est sans doute un bon compromis.

De nombreuses études sont en cours et nous pourrions prochainement proposer de nouvelles lentilles journalières, probablement avec des designs dédiés au ralentissement de la progression myopique.

 

Peut-on utiliser ce principe avec des verres de lunettes ?

En France il n’existe pas de verre disponible qui permette d’obtenir une défocalisation périphérique. En Asie, Zeiss commercialise le verre Myovision sur ce principe. Il est néanmoins probable que les résultats ne soient pas aussi probant qu’avec des lentilles, puisque l’œil étant en mouvement, le traitement de défocalisation ne reste pas centré.


 

La compensation en vision de près :

Les optométristes, particulièrement les optométristes fonctionnels, considèrent la myopie comme une adaptation efficace à nos activités exigeantes en vision de près.

Plusieurs études ont démontré que le phénomène d’emmétropisation est en partie un processus actif. Des interventions appropriées pourraient donc permettre de contrôler l'évolution de la myopie.

Les exigences de notre société vont influencer ce processus d’emmétropisation. La myopie peut apparaître suite à un effort intense et répété en vision de près. Dans ce modèle, l’installation de la myopie cause chronologiquement : une augmentation du stimulus accommodatif, une diminution de la réponse accommodative en vision de près, une augmentation du retard accommodatif, une augmentation de la défocalisation au plan rétinien, une stimulation des récepteurs et enfin un accroissement de la longueur axiale de l’œil.

Ainsi, si la myopie peut être un processus fonctionnel qui mène à sa structuration, une prise en charge adaptée pourrait donc permettre de limiter son évolution.

Cette prise en charge vise donc à soulager le système visuel en vision de près, par des verres, des prismes et/ou de l’entraînement visuel qui redonnera une flexibilité au système de mise au point.

Pour synthétiser un certains nombres d’études, il semble que le port d’une compensation convexe en vision de près, particulièrement sur des sujets ésophores, ralentit l’évolution myopique. Cependant ce ralentissement ne serait notable que pendant les deux premières années de port et serait plus efficace pour les sujets avec une réponse accommodative supérieure à la norme.

Essilor commercialise actuellement un verre sur ce principe. C’est un verre à double foyer prismatique à large champ, le Myopilux. Il possède une addition de +2.00 et un prisme de 3∆

Dans le cas des myopies les plus évolutives, l'approche orthokératologique peut être combinée à l'entraînement visuel accommodatif et à la compensation de la vision de près, pour tenter d’obtenir un ralentissement maximal de la myopie.


 

Un traitement pharmacologique pour ralentir la myopie ?

Divers chercheurs ont aussi utilisé des antagonistes muscariniques non sélectifs, tels que l’atropine, pour le contrôle de la myopie, mais cela ne se fait pas sans effets secondaires importants. Il semble que l’effet du traitement s’amenuise après la première année et que cet effet ne soit pas permanent. Cependant, des résultats prometteurs ont été rapportés avec des concentrations plus faibles d’atropine.

Un autre antagoniste muscarinique sélectif, la pirenzépine, ne modifie pas significativement la focalisation, ne cause pas une dilatation significative de la pupille, et le ralentissement de la progression de la myopie serait d’environ 40 %. La pirenzépine n’est actuellement pas disponible commercialement.

En tant qu’optométriste il nous semble plus judicieux de privilégier en première intention des prises en charges fonctionnelles, comme l’orthokératologie, mais il peut être intéressant de combiner plusieurs techniques. Les traitements pharmacologiques présentent l’inconvénient d’avoir des effets indésirables non négligeables et des conséquences inconnues à long terme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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